Municipalités

Les administrations municipales sont aussi des acteurs significatifs dans la gestion de la qualité de l’eau du lac Memphrémagog. Nous vous invitons à vous informer sur les différentes pratiques plus écologiques qui peuvent être adoptées par ces dernières et à passer le mot : à vos concitoyens mais surtout à vos élus!

Gestion des eaux pluviales

Le ruissellement de l’eau de pluie et de celle provenant de la fonte des neiges sur les surfaces imperméables de la ville (rues, stationnements, toits) est une énorme source de pollution. En effet, cette eau est souvent contaminée avec du phosphore, des coliformes fécaux, des métaux lourds dont du plomb, des sels de voirie et des huiles, entre autres. Saviez-vous qu’il suffit de 1 à 1,5 mm de précipitations pour générer du ruissellement sur ces surfaces? La gestion de l’eau de pluie est donc un domaine à propos duquel les municipalités ont un grand pouvoir d’action.

Un exemple d'accumulation de sol dû à l'érosion et au transport sédimentaire. Les mesures contribuant à diminuer la pollution des cours d’eau par le ruissellement sont nombreuses. Leur but est tout simplement de favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol, avant qu’elle ne se rende dans un ruisseau, puis dans le lac.

Il est par exemple possible de :

1. Planter des arbres dans les espaces verts : les arbres captent les sédiments et les polluants, en plus de diminuer l’impact des gouttes de pluie sur le sol, grâce à leur feuillage.

2. Détourner les eaux de ruissellement : on peut canaliser les eaux de ruissellement vers des jardins d’eau, où elles seront filtrées avant de s’infiltrer dans le sol.

3. Améliorer la perméabilité des aires de stationnement : les aires de stationnement conventionnelles en béton ou en asphalte, où toute l’eau de ruissellement est envoyée dans l’égout pluvial, sont une catastrophe pour la qualité du bassin versant, notamment à cause de leurs impacts considérables sur l’hydrologie (crues rapides et volumineuses) et des apports phénoménaux de sédiments. L’état actuel de la technologie nous permet de construire et de rénover les stationnements de façon à ce qu’ils aient moins d’impacts négatifs sur la qualité du bassin versant.

Gestion des sels de voirie

Les sels de déglaçage employés sur nos routes en hiver sont dommageables pour les lacs. En effet, les algues, les insectes, les invertébrés et les poissons sont tous affectés négativement par l’augmentation de la concentration de sel dans l’eau. La baisse de population d’une seule espèce peut modifier un écosystème tout entier! De plus, certains métaux emprisonnés dans les sédiments (mercure, cadmium et zinc) peuvent être libérés en présence d’une grande quantité de sels.

Il est donc recommandé, pour réduire l’impact de ces sels sur nos écosystèmes, de :

1. Préférer les abrasifs aux sels de déglaçage pour l’entretien des routes, en particulier sur les tronçons situés près des cours d’eau. Les abrasifs sont un mélange de sable ou gravier et de sels de déglaçage; ils sont plus efficaces et beaucoup moins dommageables pour les écosystèmes aquatiques que ne le sont les sels de déglaçage employés seuls.

2. Entreposer les sels de déglaçage et les neiges usées sur des sites autorisés uniquement. Le MDDELCC doit approuver le choix des sites d’entreposage, qui comprennent obligatoirement quelques caractéristiques importantes, dont une certaine capacité de filtration.

3. Favoriser la méthode du « tiers inférieur » lors de l’entretien des fossés et exiger que les sous-contractants de votre municipalité l’adoptent. Cette technique économique et écologique permet d’une part, le maintien d’une eau moins chargée en matières en suspension, plus fraîche et plus oxygénée et, par conséquent, de réduire l’envasement des plans d’eau. D’autre part, elle permet de réduire de 20 % les coûts reliés au nettoyage des fossés routiers en diminuant le volume de déblai et la fréquence d’intervention.

Image : panneau indiquant le traitement alternatif de la route en hiver

Pour plus d’information sur les impacts des sels de déglaçage sur l’environnement, sur les produits alternatifs et les bonnes pratiques, consulter l’essai de Jean-Philippe Robitaille.

Développement immobilier durable

D’aucuns peuvent le remarquer, le développement immobilier se fait présentement à une vitesse fulgurante dans le bassin versant du lac Memphrémagog. Nous assistons à un «étalement urbain» systématique et quelque peu désordonné. Or, notre façon d’occuper le territoire est ce qui a le plus d’influence sur la qualité de l’eau potable puisée dans notre lac ! Il convient donc de repenser le développement et de le faire d’une manière à ce que l’écosystème puisse le supporter. Il faut viser un équilibre entre développement immobilier et protection du milieu. À ce sujet, ce sont les municipalités locales qui ont la plus grande responsabilité ; c’est elles qui doivent planifier et surveiller le développement résidentiel sur leur territoire.

Les priorités qui devraient être observées par les municipalités sont les suivantes :

1. Protéger les milieux humides : les milieux humides sont encore trop souvent victime du « manque d'espace » des humains; ils sont remblayés pour supporter des immeubles, on y a construit des marinas, des routes, des petits quais,… Toutefois, compte tenu de leur rareté et de leur grande valeur écologique, la présence de milieux humides devrait être vérifiée sur chaque terrain avant l’émission d’un permis de construction.

2. Opter pour le lotissement de conservation en milieu rural : le principe de cette approche est simple : si une municipalité veut permettre autant de nouvelles constructions dans une zone donnée que l’aurait permis son plan et ses règlements de zonage existants, elle doit préconiser le regroupement des habitations sur de plus petits lots. Ainsi, on augmente la densité sur une partie du territoire et on protège l’autre partie. Par exemple, si le zonage traditionnel exigeait une superficie minimale de 930 m2, une parcelle de 20 hectares accueillerait environ 200 maisons. Un lotissement par design de conservation permettrait au promoteur de construire ces mêmes 200 maisons sur des lots de 465m2, à condition que l’autre moitié de son terrain demeure non-développée.